LES ARTISTES ITALIENS AU SERVICE DE LA PROPAGANDE FASCISTE. LES DONS D'ŒUVRES ITALIENNES AUX MUSÉES FRANÇAIS (1932-1936)

Critiques

Waldemar George (1893-1970)

Né à Lodz (Pologne russe), Jerzy Waldemar Jarocinski, dit Waldemar-George, obtint sa naturalisation suite à son engagement volontaire dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Issu de la gauche, il devint dans les années 20 l’un des principaux critiques du « retour à l’ordre », puis exprima une sympathie de plus en plus ouverte pour le fascisme au début des années 30. Il dirigea successivement la revue L’Amour de l’art (1925-1927) et la revue Formes (à partir de fin 1929), qui fusionna avec la précédente en 1934. Dans ses nombreuses publications, il défendit des artistes comme Christian Bérard, Gino Severini, les frères Berman, etc. sous le vocable de néo-humanisme, ainsi que les Italiens de Paris, dont il présenta la première exposition  au « Salon de l’Escalier » à la Comédie des Champs Elysées, en février 1928, dans la revue Entr’acte.

A partir de 1930, il organisa plusieurs manifestations en Italie. Il présenta ainsi dans une salle de la Biennale de Venise de 1930, sur invitation de son secrétaire général, Antonio Maraini, une exposition, Appels d’Italie, qui se voulait, disait-il dans le catalogue, une « nouvelle démonstration de la domination de l’Italie sur l’art européen » (« questa nuova affermazione di dominio  dell’Italia sull’arte Europea ») et à laquelle participèrent entre autres les frères Eugène et Leonid Berman, Philippe Hosiasson et Amédée Ozenfant, auprès de Mario Tozzi, Massimo Campigli, Filippo De Pisis, etc.[1]


[1].  Le texte de Waldemar George est cité dans M Fagiolo dell’Arco (a cura di), Les Italiens de Paris. De Chirico e gli altri a Parigi nel 1930, Milano, Skira, 1998, p. 65

Ugo Ojetti (1871-1978)

Ugo Ojetti est un écrivain, critique littéraire et journaliste qui tint notamment la rubrique artistique du Corriere della Sera. Appelant à un art strictement national et à un retour aux maîtres anciens, il fut avec Vottorio Pica, le Secrétaire général de la biennale de Venise au milieu des années 20, un adversaire résolu du groupe Novecento. Devenu Académicien en 1930, il organisa également de nombreuses expositions et fut le commissaire italien de De Cimabue à Tiepolo en 1935, jouant à ce titre un rôle essentiel dans les échanges culturels entre la France et l’Italie.

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