LES ARTISTES ITALIENS AU SERVICE DE LA PROPAGANDE FASCISTE. LES DONS D'ŒUVRES ITALIENNES AUX MUSÉES FRANÇAIS (1932-1936)

Musée de Grenoble 1933

Donation Sarmiento


Cliquez sur les images pour une meilleure définition


Fin 1932, face à la menace hitlérienne, la France opte pour une alliance avec l’Italie. A l’automne, les négociations prennent un rythme accéléré. En novembre, à l’occasion du dixième anniversaire du régime fasciste, un congrès international organisé à l’Académie royale de Rome permit de faire une large publicité à la nouvelle politique du Duce qui entendait affirmer le rôle de Rome sur le plan européen. Dédié à l’Europe, ce Congrès, dit Convegno Volta en référence à la fondation qui l’organisa, rappela l’importance de la Romanité dans l’émergence d’une « conscience européenne ».

Début 1933, le sénateur Henry de Jouvenel se rendit à Rome pour une mission d’ambassade. Les négociations qu’il mena avec Mussolini aboutirent à la signature en juillet du Pacte à Quatre qui prévoyait une collaboration entre la France de Daladier et l’Italie de Mussolini, ainsi qu’entre la Grande-Bretagne de Mac Donald et l’Allemagne de Hitler. Les pays signataires devaient se concerter pour le maintien de la paix et le succès de la Conférence du désarmement, ainsi que sur toute question économique présentant un intérêt commun pour l’Europe.  Ce pacte ne fut pas ratifié. Mais la propagande franco-italienne prit une tonalité européenne. L’idée d’une Europe latine allait jouer un rôle psychologique déterminant dans la promotion de la nouvelle alliance entre « les deux sœurs latines ».

C’est dans ce contexte que le comte Emanuele Sarmiento fit à la Ville de Grenoble une très importante donation qui permit le 24 mai 1933 l’ouverture au Musée de Grenoble d’une salle d’art italien célébrant « les liens entre la France et l’Italie ».

Le 7 avril 1933, la galerie Bonjean, qui apparaît sur la liste des membres du Comité France-Italie cette année-là, avait présenté une exposition de Peintures italiennes modernes. Elle constitua le  noyau de cet ensemble de 23 toiles dont l’hétérogénéité traduit la finalité de ce type d’opération, qui devait promouvoir des artistes de différentes tendances. L’ensemble comprenait ainsi, entre autres, neuf toiles de De Pisis, comme Le Pied romain et Le crabe, ce qui reflétait l’intérêt que le comte portait à ce peintre ; trois toiles de Mario Tozzi ; les aérofuturistes Prampolini et Fillia ;  mais aussi des œuvres de peintres de tradition académique, comme Etude de femme de Giuseppe Calvi, ou Nature morte aux lapins de Luigi Corbellini.

D’origine italienne, le comte Emanuele Sarmiento, ancien Consul de la République de Colombie à Rome qui vivait désormais à Paris, était lui-même depuis 1932 le délégué à la propagande du Comité France-Italie.

Expositions

Andry-Farcy un conservateur novateur : le Musée de Grenoble de 1919 à 1949, Grenoble, Musée, 28 juin-11 octobre 1982.

L’art italien et la Metafisica : le temps de la mélancolie 1912-1935, Grenoble, Musée, 12 mars-12 juin 2005.

Bibliographie

LEMOINE, Serge (sous la dir. de), L‘art du XXème siècle : la collection du Musée de Grenoble, Paris, RMN, 1994.

Comments are closed.

-->