LES ARTISTES ITALIENS AU SERVICE DE LA PROPAGANDE FASCISTE. LES DONS D'ŒUVRES ITALIENNES AUX MUSÉES FRANÇAIS (1932-1936)

Carlo CARRÀ (1881-1966)

Dès l’âge de 15 ans, Carlo Carra travaille en tant que décorateur mural à Milan. Présent à Paris entre 1899 et 1900 pour décorer des pavillons de l’Exposition universelle, il se familiarise avec l’art contemporain français, puis passe six mois à Londres où il entre en contact avec des anarchistes italiens exilés. De retour à Milan, il intègre l’Accademia di Brera.

Signataire du Manifeste du Futurisme de Marinetti publié le 20 février 1909 dans Le Figaro, il fonde par la suite avec Giorgio De Chirico le mouvement Pittura metafisica. Le terme « métaphysique » est repris de Guillaume Apollinaire qui l’avait utilisé dans un compte rendu à l’occasion d’une exposition de tableaux de De Chirico au Salon d’Automne de 1913 à Paris.

Comme beaucoup d’autres futuristes, Marinetti le premier, mais aussi Mario Sironi et Giorgio Morandi, Carrà est séduit par le fascisme de Mussolini et adopte des opinions réactionnaires jusqu’à devenir ultra-nationaliste.

S’il associe les valeurs de « l’italianité » au Trecento, antérieur au triomphe de la « civilisation » technicienne (du rationalisme), son primitivisme s’oppose cependant à tout retour en arrière. Dans cette conception cyclique du temps, se succèdent des phases de dégénérescence et de renaissance. La tradition italienne renaît éternellement et sa forme la plus ancienne est aussi sa forme la plus moderne.

Don Frua de Angeli (Jeu de Paume, 1932)

Devant la mer. Ancien titre : Ponte Caricatore a Forte dei Marmi, 1930, huile sur toile, 95 x 128 cm.

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